Le temps est venu d’un moratoire de l’aéroport international de Nice. Soutenez-le. On vous explique pourquoi :

Le temps est venu d’un moratoire de l’aéroport international de Nice. Soutenez-le. On vous explique pourquoi :

Soutenez notre proposition d’un moratoire de l’Aéroport International de Nice Côte-d’Azur. La carte du transport aérien se redessine autour d’infrastructures aux ambitions démesurées, où transitent des flux de millions de passagers. L’aéroport International de Nice-Côte-d’Azur n’échappe pas à cette démesure. Cette extension, outre des projets de ports azuréens très avancés, secteur tout aussi émetteur en GES, va fragiliser l’habitabilité et la qualité de vie même du territoire maralpin et nous éloigner de l’objectif impérieux de neutralité carbone 2050.

NB : un moratoire ne signifie évidemment pas fermer l’aéroport comme certains aiment à l’ironiser, mais à assurer qu’aucune nouvelle extension ne sera autorisée.

SOUTENEZ LE MORATOIRE DE L’AEROPORT INTERNATIONAL DE NICE-COTE-D’AZUR.

– Nous prenons acte de l’extension de l’Aéroport International Nice-Côte-d’Azur – validée par la justice en septembre 2025 – et nous engageons à en limiter les effets délétères, puisqu’il faudra désormais absorber sept millions de nouveaux passagers du terminal 2 aux 14,6 millions existants.

– Nous proposons un moratoire pour ne plus agrandir l’Aéroport International Nice-Côte- d’Azur, en concertation avec les acteurs concernés. La création d’un troisième terminal, d’un grand parking et d’un dépôt de kérosène de cinq millions de litres en bordure de Nice figuraient, en effet, dans le dossier initial.

Pourquoi cette mesure ?

L’EXTENSION DE L’AÉROPORT INTERNATIONAL NICE-COTE-D’AZUR : un choix à rebours du bon sens et d’un territoire apaisé.

  • L’agrandissement du terminal 2 c’est : 21,6 millions de passagers à l’horizon 2030 (supplément de 80 vols/jour, de 28.000 vols/an, de 380.000 tonnes de co2 supplémentaires/an !). Sans cette extension, l’aéroport de Nice devait plafonner à 17 millions de passagers en 2030, soit déjà une augmentation de 28 % par rapport à 2020. Incohérent avec l’obligation pour les aéroports d’atteindre à la neutralité carbone d’ici 2050…
  • Ce projet augmente le flux vers l’aéroport de 7.600 véhicules supplémentaires, dans une ville où plus de 500 personnes meurent chaque année à cause de la pollution de l’air (étude menée par Santé publique France). Avec cette extension, notre territoire a largement atteint ses limites, d’où notre demande de moratoire sur un potentiel troisième terminal.
  • La Côte d’Azur se caractérise par une exposition particulièrement élevée aux aléas climatiquesen raison de sa situation géographique. Elle est située en bordure de la Méditerranée, l’une des régions les plus affectées par le réchauffement climatique à l’échelle mondiale. Elle s’étend également dans les vallées du Var et de ses affluents – principales sources d’eau potable du territoire. Ce dernier inclut des massifs montagneux culminant à plus de 2500 mètres, où le réchauffement est plus rapide que la moyenne observée sur le reste du territoire national. La Métropole Nice-Côte-d’Azur a une responsabilité spécifique envers les territoires voisins vis-à-vis de la ressource en eau et de la préservation des puits de carbone en forte proportion sur son territoire (60% de la Métropole étant recouverts de forêt).

Quelques chiffres pour mieux comprendre

POUR UN FUTUR SOUTENABLE. Le projet d’extension n’est pas qu’une petite aérogare qu’on agrandit.
La carte du transport aérien se redessine autour d’infrastructures aux ambitions démesurées, où transitent des flux de millions de passagers.

  • En 2024, le nombre global de voyageurs par les airs avait quasiment atteint cinq milliards. D’après l’Association du transport aérien international, ce chiffre aura doublé d’ici à vingt ans, au prix d’une progression annuelle moyenne estimée à 3,6 %.

L’aéroport INTERNATIONAL de Nice n’échappe pas à cette démesure. Cette extension, outre des projets de ports azuréens très avancés, secteur tout aussi émetteur en GES, va fragiliser l’habitabilité et la qualité de vie mêmes du territoire maralpin.

CROISSANCE AÉROPORTUAIRE OU HABITABILITÉ : STABILISER, EXPÉRIMENTER, S’ADAPTER
Ce développement entraîne par ailleurs une forte consommation en EAU, incompatible avec les sécheresses qui vont encore s’intensifier. Il aggravera ce phénomène. La consommation actuelle en eau domestique sur notre territoire, 229 litres/jour/habitant en moyenne en 2022 soit 53% de plus que la moyenne nationale, est déjà très élevée. Avec sept millions de personnes en plus, la situation sera insoutenable.

Pour que Nice tienne ses engagements climatiques (PCAET), notre territoire ne pouvait… ne devait pas valider l’extension de l’Aéroport International Nice-Côte-d’Azur, pas plus qu’accepter tacitement de le « gaver » encore plus par la circulation automobile qu’induit cet agrandissement. Sans doute nos décideurs actuels, déconnectés, ne vivent-ils pas ou ne se déplacent-ils pas comme la majorité de leurs administré·es… Il suffit d’observer l’augmentation significative des émissions de carbone par la route, l’engorgement des voies de circulation, la tension entre usagers, l’accidentologie et la mortalité. Pour juillet 2025, le nombre de décès a plus que doublé par rapport à juillet 2024, cf. bilan de la sécurité routière départementale.

On ne pourra pas longtemps faire fi de notre santé et de notre sécurité au nom de la croissance. Le lien de cause à effets entre émissions de GES et épisodes méditerranéens des tempêtes Alex et Aline l’a douloureusement rappelé. Les incidences des gaz à effet de serre, de la pollution de l’air, l’impact sur la santé mentale, du bruit sur l’écosystème marin entre autres et, par exemple, sur des sites protégés comme la zone Natura 2000 à l’embouchure du Var (jouxtant l’aéroport où plus de 260 espèces recensées dont certaines strictement protégées), sont indiscutables.
Dans un tel contexte, nous serons raisonnablement amenés à demander aussi la stabilisation des vols intérieurs.

IMPACTS POSITIFS SUR LA SANTÉ, SUR LA MOBILITÉ

La réduction du trafic aérien est un des leviers les plus efficaces et immédiats pour atteindre les objectifs climatiques et améliorer la santé publique :

–> Amélioration de la qualité de l’air, préservation de l’eau, de la biodiversité, réduction des nuisances sonores et de la production des déchets.

–> Équilibre et préservation de la qualité de vie.

UNE CONCURRENCE DÉLOYALE POUR LES COMMERCES NIÇOIS : CHANGER DE MODÈLE

L’aéroport mise sur un marché international, sur les revenus tirés des loyers des boutiques, sur les redevances payées par les compagnies calculées sur le nombre de passagers transportés, sur la taille de l’avion. Nice accueille l’un des plus gros, l’A380.

Déambuler dans les terminaux d’aéroports est devenu un loisir. Ces boutiques et restaurants captent une clientèle qui fait du shopping. Agrandir ces infrastructures aéroportuaires constitue une concurrence déloyale pour les commerces locaux. Ce que les passagers dépensent là ils ne l’injectent pas dans l’économie des communes.

CHOISIR L’HABITABILITÉ ET LA VIABILITÉ

Le moratoire que nous défendons s’inscrit résolument dans un futur proche, pour nos enfants, pour la santé, pour s’acclimater et prospérer.

Donnons-nous les moyens d’atteindre ou à défaut (!) de nous rapprocher de l’objectif neutralité carbone en 2050, qui s’éloigne un peu plus chaque jour.
Il vise à nous adapter aux changements et défis que notre territoire, du Mercantour jusqu’à la mer, va affronter. Une transition réussie se conçoit par le dialogue entre l’économique et l’écologique. Elle permettra d’aborder ce XXIe siècle dans des conditions aussi favorables que possible, pour éviter d’avoir à y faire face de force plutôt que de gré.

 

2560 1280 Terre Bleue